Penser

« Du jour où l’Australanthrope ou quelqu’un de ses congénères parvint à communiquer, non plus seulement une expérience concrète et actuelle, mais le contenu d’une expérience subjective, d’une «simulation» personnelle, un nouveau règne était né : celui des idées. » Jacques Monod

“La renonciation à penser est la faillite de l’esprit. [..] Ceux qui travaillent à entretenir de cette manière le scepticisme de notre époque le font dans l’attente que les hommes, ayant renoncé à tout espoir de connaître par eux-mêmes la vérité, accepteront la vérité qu’on entend leur imposer d’autorité et à l’aide de la propagande. […] Seule est vivante la vérité qui naît de la pensée. » Albert Schweitzer

“Je crois qu’aujourd’hui la pensée ne panse plus, elle ne soigne plus.” Bernard Stiegler

« Quand la réflexion s’éveille, les questions surgissent, transformant en problème ce qui nous avait semblé auparavant une évidence. Quel sens donneras-tu à ta vie? Que feras-tu dans ce monde ? » Albert Schweitzer

“Il y a de la pauvreté d’esprit à être toujours d’accord avec soi-même.” Paul Valéry

“La pensée, c’est du trouble ! Si on n’est pas troublé, on ne pense rien ; parce que penser, c’est se mettre en cause.” Bernard Stiegler

“Le totalitarisme est dangereux moins parce qu’il censure mais surtout parce qu’il empêche de penser.” Claude Lefort

“Ressentir avec sa pensée, penser avec sa sensibilité.” Pessoa Fernando

« Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action. » Henri Bergson

« Dans son cœur, on peut toujours plaisanter et rire et penser : les pensées sont libres ! » extrait d’une vieille chanson libertaire allemande ‘Die Gedanken sind frei’


Si les progrès de la science permettent de mieux saisir le fonctionnement de notre corps, notre dimension spirituelle apparaît bien souvent énigmatique voire surnaturelle. 

A l’origine la cellule, puis l’être vivant, animal ou plante, a appris à réagir à un stimuli immédiat pour s’adapter dans le monde physique en temps réel, cette faculté a permis au monde du vivant de se diversifier selon les contraintes de l’environnement du moment. 

La pensée est née lorsque des hominiens ont su classer les représentations du réel, connecter l’information à d’autres informations, connecter l’information à d’autres circonstances pour simuler les effets d’une éventuelle action. Ces simulations, validées par l’expérience ou non, vont enrichir la bibliothèque, grâce aux fonctions réflexives du cerveau, elles donneront naissance à des idées, des concepts, des processus mentaux …

La pensée est le produit d’échanges, d’interactions entre un individu et son milieu environnant, elle est donc par contingence ouverte et par essence subjective. Ces deux caractéristiques plaident pour une pensée autonome qui refuse la certitude et l’aliénation mais impose le doute et la tolérance. 

Comme la cellule biologique qui meurt lorsqu’elle est coupée de son environnement, la pensée n’est vivante que si elle est connectée au monde environnant grâce à la sensibilité et à l’action.

La pensée autonome commande à certains moments de partir d’une page blanche, oublier tout ce qu’on a appris, laisser libre cours à l’imagination et la créativité. Le vide de la page blanche peut aussi prendre la forme du silence et de la solitude qui l’accompagne. Le vide spirituel créé par le rythme et l’effort physique prolongé est également propice à la pensée.

Née grâce à une connexion au monde extérieur et se développant en mettant en relation des informations, la pensée a spontanément les caractéristiques de la complexité, dont l’origine latine du mot est  “ce qui est tissé ensemble”. Puisque la pensée est par essence complexité, elle se doit d’intégrer les contradictions et de confronter les oppositions sans les gommer.

Liens : L’évolution vers l’Humain, Le regard sur la pensée