Approche de la complexité

L’approche cartésienne a largement inspiré les sciences et la pensée. Elle est encore le vecteur principal d’une grande partie de l’enseignement. La démarche analytique proposée consiste à décomposer le tout en éléments qui seront examinés, expliqués, optimisés individuellement. Les relations entre ces éléments seront, éventuellement, introduites par la suite en privilégiant les déterminismes unidirectionnels ; l’interdépendance est vu comme un voile posé sur le schéma de l’analyse et non comme une propriété primitive.

L’approche de la complexité est fondée sur le postulat de l’interdépendance et privilégie les relations entre les éléments entre eux et celles avec le tout. L’origine du mot complexité est le mot latin “complexus” : ce qui est tissé ensemble. Les constituants d’un tout sont différents, mais il faut voir, comme dans une tapisserie, la figure d’ensemble.

Blaise Pascal énonçait déjà cette état de fait “Toute chose étant aidée et aidante, causée et causante, et les plus éloignées étant liées de façon insensible, je tiens pour impossible de connaître la partie si je ne connais le tout, et de connaître le tout si je ne connais les parties.” 

Dans la période récente, c’est Edgar Morin qui a développé l’approche de la complexité, il énonce notamment “La pensée complexe porte en elle la conscience que lorsqu’on isole un objet d’étude, qu’on le met dans une situation où il n’y a pas de contradictions, pas de liaisons avec les autres, alors cet isolement artificiel est préjudiciable à la connaissance. […]  La complexité est un défi permanent à notre connaissance et à notre pensée.”

Les pages suivantes (en construction) présenteront une approche de la complexité qui se veut être en rupture avec l’analyse cartésienne classique et propose d’intégrer dans la pensée l’interdépendance et les antagonismes.