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Homo Sapiens, ce libellé pour caractériser l’humain ne m’a jamais paru approprié. La réalité observée est bien loin de la sagesse, la raison, l’intelligence suggérées par cet adjectif. Que dire du double qualificatif sapiens-sapiens qui devrait nous distinguer des premiers homo sapiens.

Depuis près de 40 000 ans, l’humain appartient à deux univers, celui de la biosphère et celui des idées. Cette double appartenance fait que homo sapiens est également homo demens, mais aussi, à la fois “œconomicus” et “ludens”, “faber” et “mythologicus” ; il est HOMO COMPLEXUS (1).

Dans l’homme, l’éthique de la connaissance sait voir l’animal, non pas absurde mais étrange, précieux par son étrangeté même, l’être qui, appartenant simultanément à deux règnes : la biosphère et le royaume des idées, est à la fois torturé et enrichi par ce dualisme déchirant qui s’exprime dans l’art et la poésie comme dans l’amour humain.

Jacques Monod dans le Hasard et la nécessité

Pour contrer la complexité, l’espèce humaine a souvent pris le parti de l’illusion et de la simplification appauvrissante.
La Vie est née dans la complexité de la “soupe primitive” au fond des océans il y a près de 4 milliards d’années. La complexité a toujours accompagné son évolution et est encore présente, la nier serait un mensonge. Pour comprendre l’Humain et vivre en société, il faut oser affronter la complexité, nier la complexité c’est tourner le dos à la vie.

(1) Homo complexus est une expression utilisée par Edgar Morin notamment dans son livre “Changeons de Voie”