Vivre est dangereux, mais c’est tellement beau

Oui, oui c’est tellement beau ! Je voudrais partager cet enthousiasme avec mes petits-enfants, A… et M…

La vie dont je parle lorsque je dis que “c’est tellement beau” est celle que j’ai ressentie dans mon corps lorsqu’une émotion me serre la gorge. C’est aussi le papillon qui se pose sur une fleur, le soleil qui se lève derrière l’horizon, le sommet d’une montagne gravi au bout de l’effort. De même, c’est la vie que j’ai sentie dans l’odeur de la forêt encore humide après la pluie, ou dans la senteur des acacias en fleur. C’est celle du doute du soir qui se réveille en volonté d’agir. C’est surtout celle des regards qui brillent, des rires des enfants et avant tout celle partagée avec ceux que j’aime.

Mais ce n’est pas mon histoire que je veux te conter, c’est celle de la vie, la vie élémentaire, simple, sans tous les artifices que notre “intelligence” et le business lui ont greffés jusqu’à en faire un simulacre. La vie, aventure fascinante qui garde ses mystères mais m’a appris l’essentiel pour agir et penser.

Le monde, que tu vas progressivement découvrir, distille la peur dans tous les domaines : peur pour sa santé, peur de ne pas réussir, peur de perdre ce qu’on possède, peur de l’autre, peur de la nature, peur de l’inconnu, peur des violences en tout genre … 

Bien sûr, la peur existe, je l’ai connue, mais elle ne doit pas empêcher la réflexion, la décision et l’action, sous peine de te précipiter vers d’autres dangers, peut-être pires. Avec la peur, ton regard se focalise sur ce qui est, elle t’empêche d’imaginer et de bénéficier de ce qui pourrait être, le champ des possibles se réduit, tu es alors vulnérable, elle risque d’aliéner ta personnalité. Plus globalement, avec la peur omniprésente, la vie n’est plus cette aventure qu’elle est depuis son origine, elle devient une histoire dictée par des connaissances acquises dans le passé, ignorant ainsi la créativité, une histoire écrite par des spécialistes sans humanité, une histoire programmée par des techniques asséchées de vie. 

Je voudrais que tu puisses connaître l’aventure de la vie avec enthousiasme sans être paralysé par la peur, découvrir sans cesse, apprendre sans relâche. 

C’est en me penchant sur les récentes découvertes concernant l’origine de la vie et son évolution sur quelques milliards d’années que j’ai retrouvé des idées-forces qui ont jalonné ma pratique quotidienne et mes réflexions. Le fait de pouvoir connecter ces caractéristiques, à l’origine de la vie et de son évolution, à des valeurs qui ont structuré mon parcours, m’a incité à vouloir les partager avec quelqu’un qui démarre. C’est l’objet de mon survol des récentes découvertes sur l’origine de la vie dans le chapitre “Le mystère de la vie”.

Puissent ces idées-forces structurer ton action et ta pensée. 

Comme tous les parents et grands-parents, je souhaiterais te faire profiter de mon vécu. Mais ce n’est pas une conception du monde et de la vie que je veux exposer ; ton autonomie est un bien trop précieux, je ne veux pas te transmettre des idées prêtes à être consommées. C’est mon “Regard sur la vie et le monde”, passé au prisme des idées-forces que je te proposerai. Puissent ces coups d’oeil t’aider à développer ton propre regard et donner du sens là où il fait défaut.

L’observation du vécu, le mien et celui des autres, me conduit à reconsidérer mon métier d’enseignant avec beaucoup de modestie. L’école t’a probablement appris des choses essentielles qui te permettront d’observer, de mémoriser, parfois de comprendre. Mais il reste à apprendre à vivre, et là, il n’y a qu’une seule école : la vie elle-même. Il te faudra observer “Ce que la vie nous révèle”, apprendre à être, apprendre à vivre, apprendre entouré(e) d’autres vies, apprendre sans certitudes afin de te lancer dans l’aventure de la vie.